En route vers l’ouest Canadien

Je vais enfin te parler de mon voyage à travers le Canada en mai dernier. Il était temps. Trois semaines d’expériences entre Montréal et Vancouver. La majorité du voyage s’est fait en train. La transcanadienne, le voyage d’une vie.

Si tu ne me suis pas sur Instagram, tu as certainement manqué de jolies photos de ce périple. Mais ne t’inquiète pas, tu peux toujours te rattraper maintenant.

Commençons par le début

Mon rêve depuis que je suis au lycée, c’est d’aller à Vancouver. Ville où de nombreux films et séries Tv sont tournés, le petit écran m’a pas mal influencé cette passion dévorante pour la côte ouest-canadienne.

Le mois de mai était la période idéale pour réaliser ce rêve. Pour joindre Montréal et Vancouver, j’ai décidé de prendre le train. J’aurais pu le faire en 3h de vol, mais je voulais que mon voyage dure plus longtemps. En trajet direct, le train, mais 5 jours au départ de Toronto pour rejoindre Vancouver. J’ai décidé de faire des escales en cours de route, histoire de dormir dans un vrai lit un peu et de visiter le Canada. Winnipeg et Edmonton furent les escales que j’ai faites en train. On parlera de Calgary, Banff et Jasper plus tard, j’y suis allée en bus et en voiture. Pour le moment, tenons-nous-en au train.

La transcanadienne commence son voyage au départ de Toronto. Étant sur Montréal, il faillait que je rejoigne cette ville. Tant qu’à faire, autant prendre le train ! Je suis déjà allée à Toronto en bus à plusieurs reprises. Le billet est à peine plus cher en train et un peu plus court, j’ai décidé de faire tout mon voyage (ou presque) en train. Autant commencer le premier jour non ?

Ce voyage, c’est plus de 4 500km de route, 96h de train, 2000 photos et de nombreuses rencontres que je n’aurais jamais rêvé. T’es prêt ? 

Jour J

4 mai. Le trajet entre Montréal et Toronto ressemble à tout autre trajet en train qu’on pourrait faire ailleurs. Le train est classique et ressemble à un vulgaire TGV français. Seule différence, la gare. Les quais sont presque sous terrain. Il n’y a aucune lumière qui filtre à l’intérieur et les quais sont étroits. Quelques heures plus tard, j’arrive à Toronto, première escale de mon voyage. Pluie torrentielle. Le voyage commençait bien. Une fois mon sac déposé à l’enregistrement des bagages (comme pour les avions, mais gratuit pour le train), je pars retrouver Lucile dans un Starbucks. Française en tour du monde, de passage au Canada pour 6 semaines, elle m’accompagne dans mon voyage de trois semaines.

Partir ensemble sans se connaitre

Lucile et moi, on ne se connaît pas. On s’est rencontré sur Facebook. Toutes les deux membres d’un groupe de backpackeuses sur Facebook, Lucile a répondu à mon poste qui demandait si des gens voulait m’accompagner dans mon périple. Après un Skype et quelques clavardages, on a décidé de faire le voyage ensemble. Les étapes et les dates nous correspondaient à toutes les deux. C’est sous cette pluie torontoise qu’on s’est rencontré pour la première fois. L’appréhension se faisait ressentir. On avait décidé de vivre 3 semaines ensemble, à tout partager sans se connaitre. C’était un bel enjeu. Je m’étais dit : « si cela se passe mal, on pourra toujours se séparer ». Comme dans une relation. Mais ce n’était pas l’objectif.

Il n’aura fallu qu’un claquement de doigts pour qu’on s’entende à merveille. Le « perfect match » de backpackeuses. Je n’aurais pas pu tomber mieux, je pense. Un petit bout de femme remplie de joie et de soif de découvertes. Un plein de bonne humeur quotidien pendant 3 semaines. C’était parfait.

En route vers l’aventure

De retour à la gare, le voyage commençait moins bien. Notre train avait déjà 3h de retard. La transcanadienne voyage sur la seule ligne ferroviaire qui traverse le pays. ViaRail n’étant pas propriétaire des rails, elle les loue au transport de marchandises. Les trains de marchandises sont prioritaires sur les rails, provoquant des heures de retard inconsidérables par moment pour notre train de voyageurs. Nous en ferrons les frais plus tard dans le voyage. Départ prévu à 22h, nous aurons finalement quitté la gare 1h du matin passé. VIA Rail nous aura quand même offert une petite collation et une bouteille d’eau pour nous faire patienter. On ferra le tour du propriétaire demain.

Fatiguée, l’excitation nous monte malgré tout lorsque le train nous apparaît. Une fois nos places choisies dans le wagon (deux sièges chacune, heureusement il y a peu de monde), on s’installe pour notre nuit. C’est parti pour deux jours de voyages dans le train en direction de notre première escale : Winnipeg. On ira découvrir la ville dans un prochain article.

La Transcanadienne, voyager différemment

Je voulais que ce voyage soit différent. Le train était la bonne option. Voyager en train, hormis ce que j’ai pu faire en France, je voulais découvrir ce mode de transport sur un voyage plus long, un voyage qui aurait plus de sens qu’un Lille-Bordeaux.

Deux classes différents

Dans ce train, la plupart des gens vont à Vancouver sans faire d’escales. 5 jours de voyages, cela peut paraitre long et inconfortable. Et pourtant. Il existe deux classes : une avec des couchettes et des salles de bains privées avec accès au wagon restaurant. La deuxième est plus low-cost : tu as un siège à point c’est tout. On a opté pour la version low-cost (500$), n’ayant pas 1000$ (voir plus) à dépenser pour dormir. Finalement, on a été surpris du confort des sièges. L’assise s’allonge bien et il y a même des assises pour les jambes qui se déplient sous le siège. Le fait d’avoir chacune deux sièges à nos dispositions (et n’étant pas grande) nous a permis de dormir allongés. En forte période, je ne pense pas que cela soit possible. Nous nous l’avions comme nous pouvions, à coup de lingette bébé et d’eau sur le visage.

Chacun son alimentation

Niveau alimentation dans le wagon low-cost, nous avions quand même accès à un mini bar et, de temps en temps, au wagon restaurant, si nous avions les moyens. 35$ le burger, c’est un peu cher. Les voyageurs de la classe haut de gamme avaient également accès à des activités de découvertes que nous n’avions pas en classe low-cost. Dommage, car j’aurai bien aimé découvrir l’histoire des régions que nous traversions. Comment dire que nous avions senti que nous étions différents des autres. Nous n’étions pas privilégiés du tout et cela se faisait bien sentir.

Pour le premier trajet, nous n’avions pas prévu nos pics-niques pour les deux jours à venir. Mais nous avons vite appris en voyant les autres voyageurs avec leur nourriture faire leur repas et manger pour moins cher que nos petits sandwichs ridicules achetés 7$. L’étape d’après, nous avons fait nos réserves.

Du temps pour rencontrer les autres

Le train, c’est la meilleure option pour rencontrer des gens. Sur chaque trajet, nous avons rencontré de nouvelles personnes. Nous avions le temps. Connaitre la vie de l’autre, découvrir de nouveaux jeux, s’amuser, passer le temps, rire. En bus, je n’ai jamais rencontré des gens comme j’ai pu le faire en train. En train, on a plus de places qui se prêtent plus à la rencontre. Entre Toronto et Winnipeg, nous avons rencontré Colin qui retourné à Edmonton pour faire une surprise à sa famille, et Omar. On a pas vraiment su ce qu’il faisait là.

Ces rencontres sont uniques et rendent ce voyage particulier. J’ai appris beaucoup sur la vie grâce à Colin. Il nous a appris à jouer à un jeu local le « gribbage » si je ne me trompe pas dans le nom. On peut boire de l’alcool également dans le train, ce qui facilite la rencontre. À partir de 22h, il n’est plus possible d’en acheter.

Du temps pour admirer les paysages

Dans chaque classe, il y a un wagon avec une vue à 360°. Des sièges sont à disposition des voyageurs pour y admirer la vue, jouer ensemble sur les tables, manger, parler, bref se divertir tout en découvrant les paysages. J’ai adoré passer mon temps dans ce wagon. Les paysages étaient si différents d’une étape à une autre : les lacs gelés en montant vers Winnipeg, les grandes prairies en se dirigeant vers Edmonton et enfin les Rocheuses en descendant vers Vancouver. C’est d’ailleurs dans ce wagon qu’ont rencontré les autres voyageurs. Un lieu donc très important dans la transcanadienne, même si de nos sièges on voyait déjà bien les paysages.

Prendre son temps

Malgré le confort et les rencontres, la transcanadienne est l’occasion rêvée pour prendre son temps et profiter. Il n’y a pas internet dans le train, on redécouvre la lecture, l’écriture, on améliore son anglais, on joue à des jeux de société. Le train fait des petites escales sur la route pour vider les poubelles, refaire le plein. Au milieu de nulle part, on peut descendre 5min pour se dégourdir les jambes et respirer l’air frais. C’est vraiment l’aventure. La transcanadienne nous fait sortir de notre routine et c’est tant mieux.

La suite ? À la découverte de Winnipeg.

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